L’Occident

2009 août 28
par Bech

L’Occident, aujourd’hui, c’est un GI qui fonce sur Falloudja à bord d’un char Abraham M1 en écoutant du hard rock à plein tube. C’est un touriste perdu au milieu des plaines de la Mongolie, moqué de tous et qui serre sa Carte Bleue comme son unique planche de salut. C’est un manager qui ne jure que par le jeu de go. C’est une jeune fille qui cherche son bonheur parmi les fringues, les mecs et les crèmes hydratantes. C’est un militant suisse des droits de l’homme qui se rend aux quatre coins de la planète, solidaire de toutes les révoltes pourvu qu’elles soient défaites. C’est un Espagnol qui se fout pas mal de la liberté politique depuis qu’on lui a garanti la liberté sexuelle. C’est un amateur d’art qui offre à l’admiration médusée, et comme dernière expression de génie moderne, un siècle d’artistes qui, du surréalisme à l’actionisme viennois, rivalisent du crachat le mieux ajusté à la face de la civilisation. C’est enfin un cybernéticien qui a trouvé dans le bouddhisme une théorie réaliste de la conscience et un physicien des particules qui est allé chercher dans la métaphysique hindouiste l’inspiration de ses dernières trouvailles.

L’Occident, c’est cette civilisation qui a survécu à toutes les prophéties sur son effondrement par un singulier stratagème. Comme la bourgeoisie a dû se nier en tant que classe pour permettre l’embourgeoisement de la société, de l’ouvrier au baron. Comme le capital a dû se sacrifier en tant que rapport salarial pour s’imposer comme rapport social, devenant ainsi capital culturel et capital santé autant que capital financier. Comme le christianisme a dû se sacrifier en tant que religion pour se survivre comme structure affective, comme injonction diffuse à l’humilité, à la compassion et à l’impuissance, l’Occident s’est sacrifié en tant que civilisation particulière pour s’imposer comme culture universelle. L’opération se résume ainsi: une entité à l’agonie se sacrifie comme contenu pour se survivre en tant que forme.

(L’insurrection qui vient, p75-76)

Encore ce Liban-Sud!

2009 juillet 23
par Bech

J’avais décidé de ne plus écrire directement sur le texte de l’Orient-le-Jour, jusqu’au moment ou j’ai lu hier leur en-tête: Le Liban-sud vole la vedette au gouvernement
C’était suivi d’un article de Lelia Mezher intitulé: Le Sud raye la formation du gouvernement de la liste des priorités. Le jour d’avant, l’OLJ titrait que la UNIFIL rappelait le Liban-sud “à l’ordre”.

Ce Liban-sud se comporte comme un trouble-fête. Dans l’économie de la fête de l’été Beyrouthin, on ne comprend pas très bien pourquoi, les gens du Liban-sud refont des siennes. Certes, il y a des sujets plus important que ce qui se passe dans la périphérie. Heureusement que l’article de Mezher jette un œil sur l’affaire:
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Étude de texte: L’éditorial de Nagib Aoun

2009 juillet 16
par Bech

La seule manière de déconstruire le texte l’orient-le-jourien (nous serions tous plus ou moins d’accord pour dire qu’il y a un texte l’orient-le-jourien, vu que tous les journalistes qui y écrivent le font plus ou moins de la même manière, utilisant les mêmes expressions, mêmes tournures de phrases, mêmes références historiques sinon mêmes injures conceptuelles), oui la seule manière, est de procéder militairement.

Ce qui veut dire procéder par étape, en prenant chaque phrase et chaque semblant d’idées séparément, afin d’en extirper la résonance distinctive d’un certain contexte historique et social qui en dit long sur la condition d’un certain type de francophone, et d’un milieu où j’ai grandi et où je livre des guerres constantes.

Nagib Aoun, rédacteur en chef de l’Orient-le-Jour essayait sûrement de répondre aux quelques articles critiquant leur engouement haineux face à l’annulation du spectacle de Gad Elmaleh, quand il écrivait l’éditorial d’une finesse comme on n’en trouve plus, le 13/07/2009. Nous considérons que cet article nous est adressé et le recevons comme une bonne opportunité pour donner le coup d’envoi à une série de textes sur le style l’orient-le-jourien.
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“La honte”: l’affaire Gad Elmaleh au Liban

2009 juillet 8
par Bech

Il y a quelques jours, le comédien français marocain Gad Elmaleh a dû annuler trois représentations de son spectacle, programmé au Festival de Beiteddine, suite aux pressions de plusieurs groupes dont le Hizbullah fut l’aile médiatique la plus suggestive. Ces groupes dénonçaient des liens étroits qu’il aurait entretenu avec l’État d’Israël. Quelques jours plus tard, le comité du Festival de Beiteddine annonçait qu’ Elmaleh était toujours le bienvenu, mais il semblait que la décision fut prise en France par les managers du comédien ayant pris peur pour la sécurité de ce dernier. Aussitôt que cette nouvelle fut annoncée, une ruée d’accusations a fusé des différents éléments francophones du pays dont principalement le journal l’Orient-Le Jour, et certains groupes sur le site internet facebook pour condamner les pratiques médiatiques du Hizbullah, perçues comme des intimidations. « C’est la honte » pouvait-on lire un peu partout sur facebook et dans le courrier des lecteurs de l’Orient-Le Jour. Et oui, qu’est ce que vont penser les gens!
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